Les ONG ont salué à l'unisson
jeudi à la conférence environnementale la suppression des crédits à
l'exportation pour des projets liés au charbon et l'ouverture du
chantier de la démocratie participative, annoncées par François
Hollande. Conférence environnementale: les ONG saluent la fin du soutien au charbon Une aire de stockage à charbon d'une usine à Blénod-lès-Pont-à Mousson, le 21 mars 2013 Les ONG ont salué à l'unisson jeudi à la conférence
environnementale la suppression des crédits à l'exportation pour des
projets liés au charbon et l'ouverture du chantier de la démocratie
participative, annoncées par François Hollande.
«Une chose
importante, essentielle, c'est l'arrêt des subventions aux exports
charbon qu'on demandait», a réagi Philippe Germa, président de WWF
France, à l'issue du discours du président de la République.
L'engagement
d'agir au niveau européen pour aller vers la fin des subventions à
toutes les énergies fossiles, «c'est aussi une bonne chose», a déclaré
le responsable de WWF.
Sylvain Angeraud, des Amis de la Terre,
s'est également réjoui de cette volonté de ne plus soutenir les énergies
fossiles, principales responsables des émissions de gaz à effet de
serre à l'origine du réchauffement climatique: «pour la première fois
depuis 10 ans, on met cette question des énergies fossiles sur la
table».
«On veut que ce soit concrétisé en 2015», a lancé le militant écologiste.
«La
France est aussi actionnaire d'entreprises publiques impliquées dans de
nombreux projets liés au charbon dans les pays de l'est et elle doit
utiliser son rôle d'Etat actionnaire pour demander à EDF ou GDF l'arrêt
de ces investissements», a ajouté Sylvain Angeraud.
Denez
L'Hostis, président de France nature environnement, y voit «un geste
positif». «Ca restera à vérifier», a-t-il prévenu, mais «on rebat un peu
les cartes et ça fait du bien». Selon lui, le président «est peut-être
devenu +climato-friendly+, beaucoup plus que précédemment».
A la
Fondation Nicolas Hulot, Matthieu Orphelin s'est réjoui de «trois
annonces importantes»: sur les crédits charbon, la démocratie
participative, et sur les pesticides néonicotinoïdes.
«Il faut
d'autres avancées dans les tables rondes», a-t-il poursuivi car «nous
sommes restés sur notre faim sur un tas d'autres sujets: la mobilisation
climat et comment on la concrétise au niveau national (...) les
transports et la mobilité sans un mot sur l'écotaxe, sur l'évolution des
aides pour changer de véhicules, sur les cantines bios».
Sur la
démocratie participative, que Hollande veut renforcer pour les projets
ayant un impact environnemental, le porte-parole de FNH «a bien noté
l'étude de toutes les alternatives».
«Pour Notre-Dame-des-Landes,
par exemple, c'est enfin peut-être la réouverture des alternatives à ce
projet de nouvel aéroport», a-t-il confié.
Pour Denez L'Hostis, «c'est extrêmement positif que ce chantier soit ouvert».
«A
la fin», le président «est venu me voir et m'a dit +on doit ça à Rémi
Fraisse+», a confié le président de FNE. «Il ne faut pas que cette mort
ait été inutile car Sivens n'est pas un projet isolé». Planète
Les experts sur le climat ont publié dimanche à Copenhague ...
Agir contre le réchauffement sans attendre pour le limiter...
Le secrétaire général des
Nations Unies Ban Ki-moon lors d'une conférence de presse à Nairobi le
29 octobre 2014
Les experts sur le climat ont publié dimanche à Copenhague
une évaluation mondiale dont le message est clair: face à l'ampleur du
réchauffement, il faut agir vite pour réduire les émissions de CO2, ce
qui est possible. «Nous avons peu
de temps avant que la possibilité de rester sous les 2°C ne
disparaisse», a déclaré Rajendra Kumar Pachauri, le président du Giec
(Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), qui a
réalisé la plus complète évaluation du changement climatique depuis
2007.
Elle doit servir de base scientifique aux responsables
politiques dans les négociations internationales devant aboutir fin 2015
à Paris à un accord global.
Les ministres français des Affaires
étrangères Laurent Fabius et de l'Ecologie Ségolène Royal ont appelé à
«une mobilisation universelle et immédiate» sur le changement
climatique, «menace grave pour la biodiversité, la sécurité alimentaire
et la santé».
Le président français François Hollande a assuré
dimanche que le France et le Canada étaient déterminés à «agir ensemble»
sur les enjeux de l'environnement et du climat à son arrivée dans ce
pays pour une visite d'Etat.
Pour le secrétaire d'Etat
américain John Kerry, «ceux qui décident d'ignorer ou de contester la
science (...) nous mettent tous en danger, ainsi que nos enfants et
petits-enfants». Ban Ki-moon, le secrétaire général de l'ONU s'est
élevé contre «le mythe» selon lequel «agir pour le climat sera
coûteux». «Je peux vous dire que ne pas agir coûtera plus, beaucoup
plus», a-t-il affirmé.
La communauté internationale s'est fixé
comme objectif de maintenir la hausse globale des températures sous le
seuil de 2°C, afin de limiter les impacts du changement climatique déjà à
l'oeuvre et dont la vitesse est inédite.
Pour garder le cap des
2°C, les émissions mondiales de gaz à effet de serre (CO2, méthane,
protoxyde d'azote) doivent être réduites de 40 à 70% entre 2010 et 2050,
et disparaître totalement d'ici 2100, estiment les scientifiques.
Cela
implique de se détourner massivement des énergies fossiles, d'améliorer
fortement l'efficacité énergétique, de limiter la déforestation, etc,
et d'investir pour cela des centaines de milliards de dollars d'ici à
2030.
Pour autant, ce tournant énergétique ne compromettrait pas
la croissance mondiale, mettent en avant les experts (climatologues,
économistes, océanographes, etc).
Des efforts «ambitieux» de
réduction de gaz à effet de serre feraient baisser de 0,06 point le taux
annuel de la croissance mondiale, estimé entre 1,6 et 3% au cours du
21e siècle, avancent-ils.
«Nous avons les moyens de limiter le
changement climatique», a insisté M. Pachauri. Youba Sokona,
vice-président du Giec, souligne de son côté que «plus nous attendons
pour agir, plus ce sera couteux». Record de 800.000 ans
Et s'il n'était pas «contrôlé», le changement climatique aurait des impacts «graves, étendus et irréversibles», indique le Giec.
Pour
les auteurs du rapport, «limiter les effets du réchauffement climatique
pose la question de l'équité et de la justice et est nécessaire pour
atteindre un développement durable et éradiquer la pauvreté».
Les
experts soulignent que les populations les plus vulnérables, notamment
celles des pays les moins développés, auront moins de moyens pour faire
face aux impacts du réchauffement.
Cette nouvelle évaluation
globale est le fruit d'un colossal de partage des connaissances (30.000
études passées en revue, 800 auteurs principaux): c'est la cinquième
publiée par le Giec après celles de 1990, 1995, 2001 et 2007.
«L'atmosphère
et les océans se sont réchauffés, les quantités de neige et de glace
ont diminué, le niveau de la mer a augmenté», a résumé Thomas Stocker,
vice-président du Giec. Les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère ont atteint les niveaux les plus élevées depuis 800.000 ans.
Conséquence:
la température moyenne à la surface de la planète a gagné 0,85°C entre
1880 et 2012, une vitesse inédite. Celle à la surface des océans a
augmenté de 0,11°C par décennie entre 1971 et 2010.
Le niveau moyen des océans s'est lui élevé entre 1901 et 2010 de 19 cm.
Dans
la région de l'Arctique, qui se réchauffe plus rapidement que la
moyenne de la planète, la surface de la banquise a diminué de 3,5 à 4,1%
par décennie entre 1979 et 2012.
A noter que l'Antarctique suit
le chemin inverse (+ 1,2 à 1,8%), même si certaines régions de ce
continent ont perdu de la glace.
Les impacts sont déjà visibles
sur tous les continents: précipitations accrues dans certaines zones et
en baisse ailleurs, répartition modifiée des espèces marines et
terrestres, rendements agricoles globalement en baisse, vagues de
chaleur plus fréquentes en Europe, Asie, Australie.
Le
réchauffement se poursuivant, le Giec prévient que les conséquences
seront plus lourdes en terme de sécurité alimentaire, de disponibilité
en eau potable, de risques d'inondations et de tempêtes, avec une hausse
probable des déplacements de population et de conflits pour l'accès aux
ressource. Planète
Le projet de construction du barrage de Sivens (Tarn) illustre ...la voracité de l'agriculture destinée aux animaux
Prélever toujours plus d'eau: une équation impossible avec le réchauffement
Travaux de déboisement le 9 septembre 2014 sur le site de Sivens près de Gaillac Le projet de construction du barrage de Sivens (Tarn)
illustre l'équation de plus en plus délicate à résoudre entre la demande
des prélèvements d'eau pour un usage agricole et la disponibilité de la
ressource, une situation aggravée par le réchauffement.
«Il faut
faire des choix conciliant la protection de l'environnement et les
activités économiques», a déclaré mercredi Ségolène Royal, qui a
convoqué mardi une réunion avec les acteurs de la gestion de l'eau en
France.
«Qu'est-ce qu'on autorise comme prélèvements, à quel prix,
au profit de qui ?», a interrogé la ministre de l'Ecologie, pour qui
«ces questions doivent être posées courageusement, en transparence, avec
des règles claires sur l'utilisation des fonds publics pour financer
des barrages ou retenues d'eau».
Selon Bernard Rousseau, expert à
France Nature Environnement (FNE), «sur une grande partie de la France,
les prélèvements sont supérieurs aux capacités de réalimentation». Car,
poursuit le spécialiste, «au delà des chiffrages des hydrogéologues
(...), il y a des pressions locales et il y a beaucoup d'autorisations
de prélèvements qui ne tiennent pas compte de la réalité du milieu».
Dans
un rapport de 2013, le centre d'analyse stratégique (CAS), rattaché au
Premier ministre, constatait «un déficit chronique» en eau dans les
bassins Seine-Normandie, Adour-Garonne et Rhône-Méditerranée.
Les
auteurs soulignaient que «certaines régions (pouvaient) connaître
d'importantes tensions sur la ressource à certaines périodes de
l'année», surtout l'été (arrosage des cultures, des jardins, remplissage
de piscines, activités touristiques, etc.).
Mercredi, Stéphane Le
Foll, le ministre de l'Agriculture, a d'ailleurs rappelé que «la
question de la ressource en eau pour un certain nombre d'agriculteurs et
de zones agricoles (était) aujourd'hui un sujet extrêmement sensible».
«Les sécheresses de printemps se répètent et elles sont extrêmement
dommageables, en particulier pour l'élevage», a-t-il relevé.
Le
CAS prévenait que les régions déjà en difficulté seraient aussi «les
plus à risques» à l'horizon 2030 du fait de la baisse prévisible des
précipitations futures et appelait à «favoriser une agriculture plus
économe en eau». Changer de système de culture, voire de production
«Le secteur agricole, premier consommateur de la
ressource, devrait fortement être touché» et il est «primordial de
considérer ce phénomène comme structurel, en mettant en place des
adaptations de systèmes de culture», affirmait le rapport. Le choix des
semences ou des types d'arrosage peuvent être déterminants.
Le «J'ai besoin de flotte, je fais un barrage» est irresponsable
Or,
selon Bernard Rousseau, «face au changement climatique, au lieu de
faire une mutation de l'agriculture, ce sont les solutions les plus
classiques - "j'ai besoin de flotte, je fais un barrage" - qui sont
mises en place».
La construction de ce type d'ouvrage d'art
rencontre depuis longtemps des résistances dans les milieux écologistes,
et parfois parmi les populations concernées. Si bien que des projets
parfois avancés ne voient pas le jour. C'est le cas du projet de barrage
de Charlas (Haute-Garonne), au pied des Pyrénées, qui a été stoppé en
dépit d'un feu vert gouvernemental délivré en 2006. Le projet s'étalait
sur 625 hectares, une dimension tout autre que la retenue de Sivens qui
doit couvrir une trentaine d'hectares pour 18 agriculteurs.
«La question posée aux
politiques, c'est quelle politique agricole par rapport à la
préservation des ressources en eau», résume Bernard Rousseau. «Les
décideurs doivent introduire dans leurs réflexions la notion de limite»,
insiste-t-il mais «la compagnie d'aménagement des coteaux de Gascogne
(Ndlr, maître d'oeuvre pour la retenue de Sivens, présidée par des élus
locaux) est une machine à faire des barrages».
Enfin, dans un
contexte de réduction des dépenses publiques, la question du financement
de ces projets devient plus épineuse encore et s'ajoute aux critiques
sur les redevances payées aux six agences de l'eau de l'Hexagone par les
différents usagers (ménages, agriculteurs, industrie) qui prennent mal
en compte les coûts de dépollution.
Le projet de Sivens est évalué
à plus de 8,5 millions d'euros ( plus prés des 10 millions, sans compter 2 mois de force de l'ordre), dont la moitié à la charge de l'Agence de
l'eau. Selon le rapport d'experts commandité par Ségolène Royal, cet
aménagement bénéficierait à une quarantaine d'agriculteurs, mais moins de fermes. Et le montage financier est obsolète. Ce projet est un trop vieux projet des années de démantèlement des petites exploitations agricoles. Planète
Alternatiba Gironde : Pour sauver des légumes de la poubelle et cuisiner en fête : lancez une « disco soupe » !
Transformer
des fruits et légumes invendus en un repas festif : voilà ce à quoi
s’amusent des dizaine de disco soupes. Lancé en 2012, ce mouvement
entend lutter contre le gaspillage alimentaire, sans culpabilité ni
sanction mais dans une ambiance joyeuse ! Cette année, 25 000 kilos de
fruits et légumes ont déjà été sauvés de la poubelle, et 30 000 repas
ont été servis ! Reportage à Bordeaux, lors de la disco soupe
d’Alternatiba Gironde.
L’invitation peut paraître curieuse : « Venez déguster des fruits et légumes qui allaient finir à la benne »,
apostrophe une affiche. Une quinzaine de personnes nettoient et
épluchent des fruits et légumes pour confectionner des brochettes aux
pastèques, des smoothies au melon et, plus traditionnellement, des
salades ou des soupes aux choux. « Ici, c’est une cuisine participative, précise Hugo. Autour de vous, il n’y a que des bénévoles. » Une cuisine participative et festive joliment appelée « disco soupe ». Nous sommes à Bordeaux. Le village des alternatives « Alternatiba Gironde » bat son plein. La disco soupe s’active dans l’espace « objectif zéro déchet », dédié aux initiatives de récupération.
Mais d’où viennent donc ces fruits et légumes ? « Tout le contenu de ces cagettes allait être jeté », répond Aude. Ils ont été récupérés à la fin d’un marché de gros et auprès d’un supermarché bio [1]. « Nous nous rendons surtout en fin de marchés, mais pas en grande distribution, précise Sarah, une des initiatrices du mouvement Disco Soupe à Bordeaux. Le
but du jeu c’est que le concept de disco soupe ne soit pas récupéré.
Ceux qui donnent ne doivent pas communiquer dessus ni en faire un outil
de greenwashing. » Et gare aux entreprises qui seraient tentées
d’utiliser le mouvement afin valoriser de façon abusive leur image
écolo : elles sont d’emblée épinglées sur le site discosoupe.org.
Open source contre greenwashing
Une fois la disco soupe prête à servir, l’heure est à la dégustation joyeuse. « Et en plus, c’est super bon ! »,
sourit Marie-Pauline. Lutter contre le gaspillage alimentaire, tout en
rendant les gens acteurs grâce à la fête, en voilà une belle idée. Une
idée sans droit de propriété et librement reproductible. « Le mouvement Disco Soupe est complètement open source »,
explique Sarah. Basé sur une communauté de plusieurs centaines de
personnes en France et à l’étranger, ce mouvement mise sur
l’autogestion, l’esprit hacker et la débrouille de ses membres.
Le format de l’événement est diffusé librement afin de permettre à
chacun d’organiser une disco soupe à son échelle. Une vingtaine de ces
cuisines festives ont ainsi été organisées à Bordeaux depuis avril 2013.
« Nous avons plus de demandes que de temps, alors nous tâchons de
transmettre nos savoirs pour que ce mouvement essaime partout. » « C’est un moment d’échange non-marchand, mais ce n’est pas non plus gratuit », explique Sarah. « Nous proposons un prix libre pour qu’il n’y ait pas de discrimination sociale, mais l’on vit entièrement des dons ». Marmites, mixers, saladiers, ustensiles... autant de matériels « chinés à Emmaüs », non jetables, et indispensables à la tenue de ce type d’événement. « Sur
une Disco Soupe, nous valorisons de 300 à 700 kilos. Ce que nous ne
pouvons pas cuisiner, nous le redistribuons. Lors de la dernière Disco
Soupe par exemple, tout le monde est reparti avec son cageot ! »
Lancé en mars 2012, ce mouvement citoyen foisonne en France et dans
le monde. De janvier à juin 2014, 180 disco soupes ont eu lieu dans 86
villes et 10 pays, soit une disco soupe chaque jour en moyenne. En six
mois, 25 000 kilos de fruits et légumes ont été sauvés de la poubelle,
et 30 000 repas servis par les « Discocuistots » aux quatre coins du
globe. Pas étonnant que ces zones de convivialité éphémères accompagnent
la dynamique Alternatiba, ces villages des alternatives festifs qui
essaiment partout en France . « La transition écologique et sociale se construit dès maintenant, observe Txetx Etcheverry, un des initiateurs d’Alternatiba. Toutes ces alternatives permettent de prendre confiance en la capacité de changer les choses, à partir de là où l’on est. » A Bordeaux, ces disco alternatifs étaient plus de 10 000. Texte et photos : Sophie Chapelle
Photo de une : Disco Soupe Bordeaux / twitter Sur le même sujet : Glanage, cueillette et partage des aliments : comment éviter le gaspillage
P.-S.
Si vous souhaitez devenir bénévole pour Disco Soupe Bordeaux, vous pouvez écrire à : discosoupebordeaux@gmail.com
Notes
[1] Plus précisément au MIN – le marché d’intérêt national de Bordeaux Brienne – ainsi qu’au So.bio de Pessac.
Un record de 35.000 morses se
sont échoués sur une plage d'Alaska, poussés par la fonte de la banquise
où ils vivent habituellement, alertant le monde une fois de plus sur
les conséquences du réchauffement climatique.
Un nombre record de morses échoués en Alaska, alerte sur le réchauffement climatique
Le banc de morses échoués sur une plage d'Alaska, le 23 septembre 2014
Un record de 35.000 morses se sont échoués sur une plage
d'Alaska, poussés par la fonte de la banquise où ils vivent
habituellement, alertant le monde une fois de plus sur les conséquences
du réchauffement climatique.
Sur des photos aériennes
spectaculaires, des milliers de ces gros mammifères marins bruns,
reconnaissables à leurs défenses et à leur moustache drue, sont serrés
les uns contre les autres, évoquant une immense fourmilière, sur une
plage proche de Point Lay en Alaska.
Lors d'une surveillance
aérienne le 27 septembre, les scientifiques de l'USGS, l'agence
américaine de recherche sur l'environnement, a repéré ce vaste banc de
morses échoués, évalué à environ 35.000.
Quatre jours plus tôt,
ils n'étaient que 1.500, ont expliqué des experts de l'USGS. Ce nombre,
multiplié par 24 en quelques jours, «est un record», a confirmé à l'AFP
une porte-parole de l'USGS jeudi.
D'après Chadwick Jay, chercheur
à l'USGS, c'est «vraiment une conséquence du réchauffement climatique»
et de la «diminution de la couche de glace» dans l'océan Arctique à la
fin de l'été.
Les morses, de massifs pinnipèdes dont la présence au nord du Pacifique est menacée, peuvent peser jusqu'à deux tonnes.
Ils ont longtemps été décimés par les chasseurs de défenses. Leur traque à but commercial est désormais interdite.
Ils vivent habituellement en eaux peu profondes sur la glace, d'où ils peuvent facilement plonger pour pêcher des mollusques.
Avec la disparition de la banquise, ils ont trouvé refuge sur la terre ferme, d'où ils peuvent pêcher en eaux peu profondes.
«Les
morses restaient habituellement hors des côtes. Depuis dix ans, nous
observons des changements drastiques, avec la fonte totale de la glace
dans la mer de Tchouktches, pendant des semaines voire des mois à la fin
de l'été», a commenté Joel Garlich, de l'USFWS, l'organisme de
préservation des animaux sauvages, lors d'une conférence de presse
mercredi.
Mobilisation à Point Lay
Ces
changements «devraient persister» et créent des «dangers de mortalité
accrue à cause des mouvements de masse et des risques d'écrasements».
Les experts de l'USGS ont ainsi déjà remarqué plusieurs dizaines de
morses morts sur la plage d'Alaska.
Si les scientifiques ne savent
pas encore si ce changement d'habitat des morses peut avoir un impact
sur leur mortalité, ils estiment que les bébés morses sont plus fragiles
sur la terre ferme.
En outre, ces animaux se fatiguent plus à chercher des proies depuis la terre ferme.
D'autres espèces ont également vu leur mode de vie perturbé par la fonte des glaces.
Megan
Ferguson, de l'organisme fédéral océanographique NOAA, a également noté
que davantage d'ours bruns avaient été remarqués au même endroit que
d'ordinaire, et qu'à l'inverse, des baleines grises qui étaient
présentes dans les environs jusque dans les années 90 avaient disparu,
«signe d'un changement de l'environnement arctique».
Pour tenter de protéger au maximum les morses, les autorités et communautés de Point Lay se sont mobilisées.
«Nous
avons travaillé avec les transporteurs aériens locaux et avec la FAA»,
l'autorité américaine de l'aviation, «pour distribuer des directives de
vol sur la région», et il a été demandé aux pilotes de ne pas voler trop
bas afin de ne pas effrayer les animaux et de ne pas entraîner de
bousculades.
«Les gens de Point Lay évitent de faire du bateau
trop près du rivage, ils ont changé leurs pratiques de pêche», ont
détaillé les experts de l'USGS. Ces efforts ont pour l'instant «bien
fonctionné».
Ce coup de projecteur sur ces morses et leurs mœurs
intervient alors que ces pinnipèdes sont à l'affiche dans les cinémas
américains grâce au film de Kevin Smith «Tusk» (défense), avec Johnny
Depp, un thriller au comique absurde sur un tueur en série qui
transforme ses proies en morse.
En attendant l'hiver et la
reconstitution de la banquise, ces milliers de morses échoués n'ont plus
qu'à fredonner la chanson des Beatles: «Je suis lui, il est toi, tu es
moi, et nous sommes tous ensemble (...) Je pleure». APL
L’urgence de ralentir (85 min)Aux quatre coins de la planète des
citoyens refusent de se soumettre aux diktats de l’urgence et de
l’immédiateté, pour redonner sens au temps. En Europe, aux États-Unis,
en Amérique Latine ou encore en Inde, Philippe Borrel est allé à la
découverte d’initiatives, individuelles et collectives, qui proposent
des alternatives basées sur d’autres paradigmes. http://www.arte.tv/guide/fr/048763-000/l-urgence-de-ralentir
le documentaire de Philippe Borrel
Comment résister à l’accélération financière et technologique qui nous mène vers des catastrophes écologiques et sociales,
comment trouver d’autres façons de vivre ensemble pour façonner un autre monde,
c’est ce qu’interroge Philippe Borrel dans son nouveau documentaire “L’urgence de ralentir”
Et merci Auterive!
Prenez le temps de regarder ce super reportage, notre avenir en dépend…
Si vous avez aussi des articles ou des nouvelles à partager, n’hésitez pas de les nous envoyer vers Transition France
Le mouvement de Transition est né en Grande-Bretagne en 2006 dans la petite ville de Totnes. L’enseignant en permaculture Rob Hopkins
avait créé le modèle de Transition avec ses étudiants dans la ville de
Kinsale en Irlande un an auparavant. Il y a aujourd’hui plus de 2 500
initiatives de Transition dans le monde, dont 150 en France, réunies
dans le réseau international de la Transition.
Il s’agit d’inciter les citoyens d’un territoire (bourg, quartier
d’une ville…), à prendre conscience, d’une part, des profondes
conséquences que vont avoir sur nos vies la convergence du pic du
pétrole et du changement du climat et, d’autre part, de la nécessité de
s’y préparer concrètement. Il s’agit de mettre en place des
solutions fondées sur une vision positive de l’avenir et qui visent à :
- réduire fortement, individuellement et collectivement, la
consommation d’énergie d’origine fossile et nos émissions de CO2
- renforcer la résilience de nos territoires, leur capacité à
absorber les chocs à venir, par une relocalisation de l’économie
(alimentation, ENR…)
- renforcer les liens, les solidarités et la coopération entre l’ensemble des acteurs du territoire
- acquérir les compétences qui deviendront nécessaires au renforcement de notre autonomie
Dès lors, chaque groupe local de Transition trouvera par lui-même les
solutions qui lui conviennent en fonction de ses ressources et de ses
enjeux. Il n’y a pas de réponse toute faite. Le modèle de Transition
offre un cadre de travail cohérent mais non coercitif. Le fonctionnement
des groupes est horizontal et participatif.
Une initiative de Transition est une sorte catalyseur, de «toit» commun qui a comme objectifs de :
- mettre en place des actions concrètes (AMAP, SEL, monnaie
locale, jardin partagé, Incroyables comestibles, recyclerie, écolieu,
fête, conférences…) souvent à partir de projets dormants
- soutenir et valoriser les réalisations portées par d’autres (associations, Agenda 21, entreprises…)
- encourager et favoriser la convergence entre les initiatives
citoyennes et entre ces initiatives et les actions des pouvoirs publics
sur les territoires
Pourquoi agir localement ?
- parce que l’économie devra inévitablement se re-localiser en grande partie
- parce que c’est le niveau auquel les citoyens peuvent
inventer des solutions bien adaptées à leur réalité et passer à l’action
- parce que c’est près de nous se trouvent les gens, les ressources et les solidarités pour agir
- parce qu’il n’y aura pas de lois magiques qui tomberont du
ciel, ni de sauveurs bienveillants qui résoudront nos problèmes à notre
place
La démarche des initiatives de Transition est résumée dans le Manuel
de Transition. Cette démarche consiste à aider les habitants d’un
territoire à définir ensemble leur avenir et les solutions qu’ils
souhaitent mettre en place. La première étape consiste à établir une
vision commune qui dédramatise la mutation à venir et fournit la
motivation nécessaire pour s’engager dans un profond processus personnel
et collectif de changement. Nous devons atteindre rapidement la masse
critique qui va nous permettre de sortir par le haut de cette « crise »
Nous ne savons pas si ça va marcher, mais nous sommes convaincus que :
si nous attendons les gouvernements, ça sera trop peu et trop tard ; si nous agissons individuellement, ça sera trop peu ;
si nous agissons en tant que communautés locales, ça sera peut-être assez, peut-être juste à temps
Pour commencer votre initiative: voir sous les boîte des outils
Ce film est une immersion à la source du mouvement de transition :
” Partout dans le monde, des histoires de gens ordinaires qui font
des choses extraordinaires ont été collectées. Des petits territoires
et des communautés locales impriment leur propre monnaie, produisent de
plus en plus leur nourriture et leur énergie, relocalisent leur
économie… Une idée, celle des Transition’s towns, qui se propage à
grande vitesse, une expérimentation sociale optimiste qui propose des
réponses et des solutions en ces temps d’incertitude. Dans un monde
inondé de tristesse, voici des histoires pleines d’espoir et
d’ingéniosité, et de tous ces petits moments qui arrivent quand on
plante des légumes à des endroits inattendus ”
Plus
de 50% des espèces d'oiseaux d'Amérique du Nord, dont l'aigle chauve
emblème des Etats-Unis, sont menacées par le réchauffement climatique et
l'urbanisation qui font reculer leur habitat, mettent en garde deux
rapports mardi.
Changement climatique: 50% des espèces d'oiseaux d'Amérique du Nord en péril
L'aigle chauve, l'emblème des Etats-Unis,
est menacé par le réchauffement climatique et l'urbanisation, comme 50%
des espèces d'oiseaux en Amérique du Nord
Plus de 50% des espèces d'oiseaux d'Amérique du Nord, dont
l'aigle chauve emblème des Etats-Unis, sont menacées par le
réchauffement climatique et l'urbanisation qui font reculer leur
habitat, mettent en garde deux rapports mardi.
Pour l'organisation
environnementale américaine National Audubon Society, 314 espèces
d'oiseaux, soit plus de la moitié de celles présentes aux Etats-Unis et
au Canada, sont en danger d'extinction si la hausse des températures
terrestres se poursuit, dont un grand nombre qui jusqu'alors n'étaient
pas considérées comme menacées.
Ces ornithologues ont ainsi
identifié 126 espèces qui risquent de perdre plus de 50% --voire même
jusqu'à 100% dans certains cas-- de leur habitat d'ici 2050, sans
possibilité d'émigrer ailleurs si le réchauffement continue au rythme
actuel.
Et 188 autres espèces pourraient voir au moins 50% de leur
espace naturel disparaître d'ici 2080, mais celles-ci seraient
toutefois en mesure de coloniser d'autres régions plus clémentes.
«Le
changement climatique représente la plus grande menace à laquelle font
face nos oiseaux aujourd'hui», a estimé Gary Langham, responsable
scientifique de la National Audubon Society et directeur de cette
recherche «laborieuse et approfondie» qui a duré sept ans.
«Le
réchauffement menace la fabrique même de la vie dont dépendent les
oiseaux et le reste d'entre nous», prévient-il. Pour ce scientifique, la
situation exige «d'agir sans attendre et de façon décisive pour éviter
une catastrophe».
Les experts de la National Audubon Society ont
analysé 30 années de données sur le climat en Amérique du Nord. Ils ont
aussi passé au crible des dizaines de milliers d'observations d'oiseaux
effectuées par l'ONG ou provenant d'études sur les lieux de reproduction
et les conditions climatiques effectuées par l'Institut américain de
géophysique.
Alors que certaines espèces seront capables de
s'adapter au changement climatique, un grand nombre, parmi les plus
connues et les plus symboliques, font face à de sérieux défis. Ainsi,
l'aigle chauve pourrait voir son habitat diminuer de près de 75% au
cours des 65 prochaines années, selon ces chercheurs.
Le huart,
emblème de l'Etat du Minnesota (nord), pourrait se retrouver dans
l'impossibilité de se reproduire dans 48 Etats américains d'ici 2080.
Les
autres oiseaux qui symbolisent des Etats de l'Union en danger sont le
pélican brun en Louisiane (sud) ou encore le goéland de Californie en
Utah (ouest).
- La perte d'habitat, première menace -
Par
ailleurs, selon «L'Etat des oiseaux 2014» (The State of the birds
2014), un rapport annuel produit dans le cadre d'une coopération entre
des agences fédérales et des organisations environnementales, les
populations d'oiseaux déclinent dans sept habitats clé en Amérique du
Nord (côtier, océanique, forestier, insulaire, aride...).
Les auteurs de ce document indiquent également une liste d'espèces à surveiller ayant un besoin urgent de protection.
Ils
ont notamment constaté que les populations d'oiseaux dans les régions
arides ont connu le déclin le plus drastique, avec une perte de 46%
depuis 1968 dans l'Utah, l'Arizona et le Nouveau Mexique.
La perte d'habitat et sa fragmentation résultant de l'urbanisation représentent selon les auteurs les plus grandes menaces.
Le
rapport souligne ainsi des périls de taille dans les zones de prairies
où ces experts ont constaté une diminution du nombre d'oiseaux
reproducteurs, comme chez les alouettes et les martinets dont les
populations ont chuté de près de 40% depuis 1968.
Cependant, ce déclin se ralentit depuis 1990 grâce à des mesures de conservation dans les prairies, se félicitent les auteurs.
«Ce
rapport met en lumière les menaces pesant sur les oiseaux mais il offre
aussi un espoir pour leur survie si nous agissons de concert», indique
Wayne Clough, responsable de la Smithsonian Institution, qui a participé
à cette recherche.
La secrétaire américaine à l'Intérieur, Sally
Jewell, pointe quant à elle le rôle vital joué par les parcs nationaux
et les réserves naturelles pour préserver l'habitat des oiseaux.
«Nos
réserves sauvages, nos parcs nationaux et autres domaines publics sont
des refuges vitaux pour un grand nombre d'espèces d'oiseaux, surtout
face au changement climatique, l'un des plus grands défis pour la
conservation des habitats de toutes les espèces animales au 21e siècle»,
a-t-elle déclaré dans un communiqué. Planète