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jeudi 24 avril 2014

La Bio est l'avenir de l'Agriculture...

Des coccinelles à la place des pesticides: Le «biocontrôle» est-il l’avenir de l’agriculture française?



AGRICULTURE - Le ministère de l’Agriculture veut structurer la filière des «bio-alternatives» aux pesticides…

Les coccinelles peuvent-elles relancer l’économie française? Elles peuvent en tout cas aider à booster les entreprises fabriquant des bio-alternatives aux pesticides, réunies ce mardi sous l'égide du Ministère de l'Agriculture. Chantre de l'Agroécologie , Stéphane Le Foll veut encourager le développement d’une filière française de production de solutions naturelles contre les ravageurs et les maladies des plantes.
Déjà utilisées par les agriculteurs bios, ces méthodes relèvent le plus souvent d’un savoir-faire paysan qu’il convient de «ne plus mépriser», estime Marc Dufumier, agronome et enseignant-chercheur à AgroParisTech . «Il est indispensable de prendre le virage vers des méthodes utilisant par exemple les insectes auxiliaires des cultures, juge-t-il. Mais dans un deuxième temps, il faudrait reconstruire des agro-écosystèmes diversifiés pour que ces insectes trouvent naturellement leur place, par exemple en plantant des haies pour les héberger.»

Confusion sexuelle et coccinelles

De produits composés d’extraits de plantes aux techniques de "confusion sexuelle" visant à freiner la reproduction d’insectes ravageurs par des perturbations hormonales, en passant par les coccinelles qui luttent contre les pucerons et les micro-guêpes qui s’attaquent à la pyrale, la chenille dévastatrice du maïs, de nombreuses manières d’éviter les produits chimiques existent. Toutefois, selon l’Union des industries pour la protection des plantes (UIPP) qui représente les grands laboratoires de l’agrochimie, le biocontrôle ne peut être qu’un «complément» et non une alternative aux pesticides de synthèse: «Face à la diversité des bioagresseurs auxquels font face les cultures et au risque réel d’apparition de résistances, il est nécessaire de maintenir une diversité suffisante de techniques complémentaires», insiste l’UIPP.
Si Marc Dufumier ne partage pas l’opinion des laboratoires, il admet qu’aujourd’hui «l’insuffisance de la recherche en agroécologie» oblige les agriculteurs, même bios, à utiliser des produits comme la bouillie bordelaise qui ont «des effets néfastes sur la microbiologie du sol»: «Il faudra bien trente ans avant que toute l’agriculture française reconnaisse qu’il faut travailler sur le cycle complet des écosystèmes et qu’il vaut mieux minorer les effets des insectes nuisibles plutôt que les détruire.»

Les géants de l’agrochimie lorgnent sur le vert

Ce long chemin vers une agriculture travaillant main dans la main avec la nature passera inévitablement par le développement d’un business auquel les géants de l’agrochimie s’intéressent déjà: alors que l’Association française des fabricants de produits de biocontrôle (Ibma) estime que les produits bios pourraient représenter 15 % du marché de la protection phytosanitaire en France dans trois ans, contre 5 % aujourd’hui, Bayer, Syngenta et Monsanto s’intéressent de près aux petites entreprises à racheter pour conquérir ce marché.
La Confédération paysanne redoute que les quelque 70 entreprises françaises, totalisant 1.500 emplois, ne se fassent «manger par l’agrochimie». Les tenants de l’agroécologie craignent eux que l’on passe à côté d’une refonte en profondeur de notre agriculture, en sortant d’un système intensif pour renouer avec une paysannerie nécessitant «plus de travail humain». «Pour cela, il faudra soit augmenter le prix du produit final, ce qui est le cas du bio aujourd’hui, soit rémunérer les services environnementaux rendus par les agriculteurs», estime Marc Dufumier, qui regrette que malgré les bonnes intentions du ministère de l’Agriculture, c’est aujourd’hui «dans l’illégalité qu’un agriculteur respecte le mieux l’environnement», clin d’œil au viticulteur bio condamné à 500€ d' amende  pour avoir refusé de traiter ses vignes.
Audrey Chauvet
 

jeudi 3 avril 2014

Vers une certification Bio plus sérieuse...

Agriculture bio: le projet de Bruxelles plus restrictif?

Le projet de la Commission européenne visant à durcir le régime de certification de l'agriculture biologique est logiquement bien accueilli par les agriculteurs bio, moins bien par les coopératives agricoles.
Pour la Fnab, Fédération nationale de l'agriculture biologique, «ce futur nouveau règlement doit permettre à l’agriculture biologique de prendre sa vraie place dans le paysage agricole européen et français».
Et la Fédération demande à l’État français d'aller dans le même sens, dans un communiqué.
Les coopératives agricoles en revanche relèvent dans ce projet plusieurs «risques majeurs». Coop de France  pointe notamment contre le projet d'interdire des exploitations mixtes, combinant production bio et conventionnelle.
«Cette suppression va fragiliser le développement des conversions à l'AB (agriculture biologique) et ralentir l’essor de l'agroécologie», juge l'organisation dans un communiqué, sans aucun argument,  publié mardi soir.
Elle s'oppose également à de possibles fins de dérogations, qui reviendraient «à nier la diversité des situations des exploitations biologiques en France et en Europe».
Parmi les 2.800 groupes coopératifs représentés par Coop de France, 550 ont au moins une activité dans le secteur bio. Ce qui rend illégitime leur point de vue.
La Commission a proposé fin mars de durcir le régime de certification pour lutter contre le «vrai-faux bio» qui se développe en Europe face à une demande en hausse.
L'exécutif européen entend à la fois mettre fin aux nombreuses dérogations qui menacent, selon elle, de priver de contenu le label bio dans l'UE, ouvrir le secteur aux petits producteurs souvent découragés par la lourdeur des procédures existantes, doper les exportations et empêcher des importations n'ayant de bio que le nom.
Parmi les mesures phares proposées par la Commission, dont l'objectif affiché est d'arriver à du «100% bio», figure l'interdiction des exploitations mixtes (biologiques et conventionnelles).
MCD

lundi 31 mars 2014

Le dérègment climatique va t il créer des famine ?

Climat: La sécurité alimentaire en danger, d'après le Giec

Le dernier rapport des experts du climat met en garde contre les impacts du changement climatique sur la sécurité alimentaire mondiale...

Manquerons-nous demain de nourriture, faute de pouvoir continuer à cultiver les aliments? Les experts du Giec alertent, dans leur dernier rapport publié ce lundi à Yokohama (Japon), sur l'impact du réchauffement climatique et notamment les risques accrus d'insécurité alimentaire et de conflits au cours du 21e siècle. «La probabilité d'impacts graves, étendus et irréversibles s'accroît avec l'intensification du réchauffement climatique», écrivent les scientifiques du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) des Nations unies dans le «résumé» du deuxième volume de leur cinquième rapport.

Les populations pauvres subiront les effets les plus forts

Cet état des lieux scientifique, le plus complet depuis le dernier rapport du Giec en 2007, réalisé par les meilleurs experts, recense les impacts déjà constatés du réchauffement, les risques à venir et les possibles actions d'adaptation, notamment pour chaque continent. A plusieurs reprises, le rapport souligne que ce sont les populations pauvres des pays du Sud qui subiront les impacts les plus forts du changement climatique.
Le Giec met l'accent sur l'aggravation des pénuries d'eau, du nombre d'inondations importantes, des déplacements de population, de l'insécurité alimentaire et de la pauvreté. Dans un contexte de durcissement d'accès à l'eau et aux ressources alimentaires et de migrations accrues, le changement climatique «va indirectement augmenter les risques de conflits violents», avancent les scientifiques en soulignant que le réchauffement a déjà eu «au cours des dernières décennies, des impacts sur les systèmes naturels et humains sur tous les continents et les océans». Le Giec met en avant les possibles mesures d’adaptation, leur nécessité mais aussi leurs limites et appelle à agir «à court terme» pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, à l'origine du réchauffement que connaît la planète.
MCD

dimanche 2 mars 2014

Vivre simplement ou la sobriété heureuse....

Philosophie de vie : Glanage, cueillette et partage des aliments : comment éviter le gaspillage
Pour se nourrir à moindre frais à la campagne, éviter le gaspillage en ville ou pour le simple plaisir de trouver soi-même ses repas, le glanage et la cueillette reviennent au goût du jour. Glaneurs des marchés et glaneurs des champs réinventent ce droit d’usage, un peu tombé en désuétude. D’autres font pousser des fruits et légumes en libre-service, dans leur jardin ou les espaces publics. Une véritable philosophie de vie, qui change notre rapport aux aliments, à la nature, à la gratuité et au partage. Devenir glaneur-cueilleur, partager sa nourriture : mode d’emploi.
- « Chaque année, quand la récolte des pommes de terre est terminée, je vois arriver les glaneurs. Il y a toujours des tubercules qui passent au travers des machines. Plutôt que de les laisser pourrir sur place, je laisse les gens les ramasser à la main. Ce n’est pas un manque à gagner, je vends de gros volumes. C’est plutôt l’occasion de discuter de mon métier », témoigne Éric Fallou, président de la Fédération nationale des producteurs de plants de pommes de terre et agriculteur en Eure-et-Loir. Il est l’un des rares à accepter de témoigner. Car le glanage, autrefois très répandu dans nos campagnes, est devenu tabou. Les agriculteurs sont attachés à la propriété privée. Et les glaneurs craignent d’être assimilés à des précaires. Ce qu’ils sont parfois, mais pas toujours. Glaner permet certes de réaliser des économies, mais aussi de limiter le gaspillage. C’est d’abord une philosophie de vie. Ce droit d’usage, un peu tombé en désuétude, reste à réinventer.
Que dit la loi ?
On distingue le glanage, qui consiste à ramasser ce qui reste au sol après la récolte, du grappillage, qui consiste à cueillir ce qui reste sur les arbres ou dans les vignes. En 1554, un édit royal stipule que le glanage est autorisé aux pauvres, aux malheureux, aux gens défavorisés, aux personnes âgées, aux estropiés et aux petits enfants ! Ce texte est toujours en vigueur, mais on se référera plutôt à l’article 520 du code civil et à l’article R26 du code pénal pour établir un cadre juridique. Un collectif de juristes montpelliérain déduit de ces textes que le glanage est désormais autorisé pour tous, après la récolte et en journée, sauf arrêté municipal contraire. Il reste cependant interdit sur un terrain clôturé. Dans les faits, les propriétaires d’un champ ouvert apprécieront que vous veniez leur demander la permission. Le grappillage, lui aussi, est licite dans les mêmes conditions, mais la jurisprudence l’assimile fréquemment au maraudage, donc au vol. Par précaution, limitez-vous aux fruits tombés ou demandez aux propriétaires. Enfin, le râtelage qui consiste à utiliser un instrument est considéré comme une récolte. Il est donc interdit.
Un réseau pour cueillir
Aujourd’hui, c’est surtout chez les gros producteurs d’oignons ou de pommes de terre qu’on observe encore des scènes de glanage. Mais si l’on veut glaner sain, mieux vaut se tourner vers des agriculteurs bios. Les volumes sont moindres, mais les surplus existent. « Suite au désistement d’un client, j’ai laissé grainer 500 salades sur pied, regrette Sébastien Corneaux, maraîcher bio en Saône-et-Loire. Si j’avais connu un réseau de glaneurs, j’aurais pu faire des heureux. »
Réseau, le mot est lâché. L’association Ondine, spécialisée dans les circuits courts, tente de mettre en place un glanage organisé avec les producteurs bios des Monts du Lyonnais. « Le terme fait peur à la chambre d’Agriculture. Mais on va se lancer sans elle, car les producteurs sont partants, explique Michel Gontier, bénévole à Ondine. Nous allons créer une plateforme internet sur laquelle les paysans pourront indiquer les jours et les lieux de glanage. En bio, on pratique la rotation des cultures. On ne peut pas laisser traîner des patates ou des carottes si l’on veut mettre des épinards ou des blettes. Il faut assainir le sol en récoltant l’intégralité du champ. Le glanage, c’est du temps de gagné pour les agriculteurs ! » Si vous connaissez des maraîchers bios, proposez-leur donc vos services.
Cinq tonnes de fruits !
Beaucoup de fruitiers sont devenus des arbres d’agrément et ont perdu leur fonction nourricière. Lassé de voir pourrir des fruits sur pied dans les jardins et vergers autour de Dijon, Thierry Deiller, fondateur de l’association Relais Planète solidaire, a décidé de les ramasser. « En septembre 2007, j’ai lancé un appel à travers la presse locale. Des dizaines de particuliers m’ont ouvert leur jardin. À l’automne 2009, avec un groupe de bénévoles, nous avons organisé notre première collecte Fruimalin et récolté cinq tonnes de fruits ! » L’expérience s’est renouvelée et Fruimalin est aujourd’hui une activité économique qui salarie une personne à l’année. Les plus beaux fruits – environ 10 % de la récolte – sont donnés au propriétaire du jardin, aux bénévoles qui les ramassent et au secteur caritatif. Le reste est transformé en confitures ou en jus, que l’association vend sur les marchés.
Pour ce faire, le collectif a investi dans un local aux normes, une chambre froide, un pressoir, etc. L’initiative rencontre un vrai succès chez les anciens, soucieux de ne pas gaspiller, et les paysans à la retraite qui disposent d’un verger, mais n’ont plus la force de récolter. Ainsi entretenus, les arbres conservent leur capacité de production. L’association cueille également dans la nature et chez des producteurs bios qui donnent leurs surplus ou les produits recalés au tri. « Notre modèle est reproductible. Avec sept tonnes de fruits et légumes diversifiés par an, on peut créer un emploi », témoigne Thierry Deiller. Soutenus par la Région, en 2014, quatre autres Fruimalin [1] vont se monter en Bourgogne.
Dessiner sa carte de glanage
La nature est un autre lieu de glanage. On parle alors de cueillette sauvage. Francis Nicolas, ancien cadre bancaire à Orléans, n’est pas dans le besoin, mais il adore arpenter la campagne à la recherche de nourriture. En homme organisé, il a reporté sur une carte IGN tous les lieux autour de son domicile où il trouve de quoi se sustenter en fonction des saisons. « Je me promène à vélo. Je suis à l’affût de ce que la nature peut m’offrir. Avec le temps, mon regard s’est aiguisé, explique-t-il. Quand je trouve de la mâche sauvage, j’observe dans quel sens vont les vents dominants et je marche en direction du premier talus. Les graines vont se fixer dessus. Je trouve systématiquement de nouvelles pousses. »
Francis est un adepte des salades sauvages. Il cueille aussi des baies d’églantier, de genévrier, de sureau, des prunelles, des noix, des merises et des pommes qu’il transforme en sirop, en apéritif, en compote et en confiture. Il est également grand amateur de champignons. « Je me nourris pour moitié avec un panier bio acheté à des producteurs, pour moitié avec ce que je trouve dans la nature, confie-t-il. Malgré une économie de plus de 100 euros par mois, ma motivation n’est pas pécuniaire. C’est juste pour le plaisir de cueillir ce que la nature nous donne. » Un conseil, quand vous trouvez un bon coin, indiquez- le sur votre carte et laissez toujours quelques pousses… En prévision de votre prochain passage.
Les bons conseils d’un guide nature
Quand on se promène avec Anthony Charretier, on s’arrête tous les trois mètres. Ici, ce sont de jeunes orties qui attirent son attention. Là, de l’oseille sauvage. Plus loin, du plantain, qu’il délaisse car il l’estime déjà trop dur pour être cueilli. Finalement, il se penche pour ramasser du pourpier. Les feuilles au goût citronné se mangent directement en salade et les tiges plus fermes se cuisent à la vapeur comme des haricots verts. Il termine la balade dans le champ voisin, parsemé de fleurs de mauve. Elles pourront joliment agrémenter une salade, mais s’utilisent le plus souvent en tisane contre la toux.
Sur le chemin du retour, on croise du chénopode blanc, qui se consomme cru ou cuit comme les épinards, et de l’amarante réfléchie dont les graines se préparent comme le quinoa. « Ces deux plantes étaient cultivées dès le néolithique. Aujourd’hui, plus personne ne les connaît, révèle-t-il. On a importé beaucoup de variétés en oubliant ce qui poussait spontanément chez nous. Si l’on plante côte à côte du pissenlit et un pied de tomate, c’est le pissenlit qui pousse le mieux. Normal, la tomate vient des Andes… La nature est un véritable garde-manger pour celui qui sait s’y repérer. On peut même consommer la fameuse renouée du Japon, cette invasive que tout le monde arrache. Je propose des sorties botaniques dans la campagne au grand public. Je suis étonné de voir que personne ne cueille rien. C’est un savoir-faire oublié. »
Cueilleur et animateur nature, Anthony [2] part quotidiennement ramasser une bonne partie de ses repas autour de sa yourte. En vacances dans le Var au printemps dernier, il a juste pris un peu de riz, de l’huile, du sel et du sucre et il a trouvé tous ses repas sur place : asperges sauvages, jeunes pousses de fenouil et de fragon, criste marine au goût de carotte… Avant d’aller glaner, n’hésitez pas à passer une journée avec un guide nature près de chez vous. Vous aurez un bon aperçu de ce que vous pouvez cueillir. À renouveler chaque saison.
Servez-vous !
François Rouillay a longtemps cultivé un petit potager derrière sa maison. Mais ça, c’était avant. Avant qu’il ne découvre les Incroyables Comestibles, un phénomène venu du Royaume-Uni qui consiste à proposer des légumes en libre-service, cultivés devant chez soi. À Colroy-la-Roche, en Alsace, François a ainsi planté des salades, des tomates, des choux, des fraises et des aromatiques dans une jardinière. Ses voisins viennent se servir avant le déjeuner. Et lui-même traverse la rue quand il a besoin de haricots. « Dans le village, nous sommes déjà une dizaine de personnes à avoir installé des bacs. Des gens qui ne se parlaient pas sont devenus amis, cuisinent ensemble. Nous avons créé l’abondance potagère. On comptabilise déjà plus de 200 initiatives comme la nôtre en France et il s’en crée trois par jour dans le monde ! », témoigne-t-il.

Dans certaines communes, les commerçants eux-mêmes proposent un petit bac en libre-service devant leur magasin. Cela attire la clientèle. « Au final, cela change le regard sur l’alimentation. À Todmorden, la commune anglaise où tout a commencé en 2008, la population a totalement repensé sa façon de consommer. Désormais 83 % des achats alimentaires proviennent du local », assure-t-il. Preuve que glanage et gratuité ne sont pas forcément synonymes de manque à gagner.
Précautions d’usage
Ne partez jamais cueillir dans la nature sans une flore. Nicolas Blanche, auteur du livre Sauvagement bon et du blog du même nom, conseille « Fleurs sauvages », en poche chez Larousse. En cas de doute, ne consommez pas ! Un appareil photo sera utile pour identifier plus tard, chez vous, les plantes suspectes. Prévoyez un couteau pour couper net les tiges ou déterrer des légumes racines comme le panais ou la carotte sauvage. Privilégiez les sacs en toile (ou le panier) aux sacs plastiques qui font transpirer les plantes. Vérifiez dans votre flore la liste des espèces protégées et ne cueillez rien dans les réserves naturelles.
Évitez les bords de route, la proximité des usines ou les abords de jardins très propres – vraisemblablement traités – ainsi que les pâturages pour les plantes à consommer crues car beaucoup d’animaux sont porteurs de parasites. Méfiez-vous des plantes aquatiques ou de celles qui poussent près d’un lieu humide. Elles peuvent transmettre la douve du foie. Beaucoup de plantes sauvages ont des tendances allergènes. À consommer en petite quantité, surtout si l’on a des problèmes rénaux ou hépatiques. Mais pas d’affolement, on trouve les mêmes précautions d’usage avec les épinards, l’oseille, la rhubarbe… Avant le passage en cuisine, nettoyez les plantes à l’eau vinaigrée, surtout les salades. Si vous avez un doute, faites cuire à la vapeur à 100 °C, la plupart des parasites ne résistent pas et les plantes conservent l’essentiel de leurs propriétés.
Glaner sur les marchés
À la campagne, peu de gens osent glaner à la fin du marché. Les invendus sont le plus souvent ramenés à la ferme par les producteurs qui les transforment en conserves. Certains en donnent discrètement à un client dans le besoin, mais pas plus. Ce type de glanage est davantage une pratique citadine. Sur les grands marchés urbains, les revendeurs laissent sur place fruits et légumes qui seront invendables le lendemain. Dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon, Paul et Cécile se nourrissent depuis deux ans de cette façon, été comme hiver. « Nous avons les moyens de nous acheter de la nourriture, mais nous ne supportons pas de voir ce gaspillage sous nos fenêtres. Avec ce qui est jeté quotidiennement, on pourrait nourrir la moitié du quartier », estime Paul qui vient ici deux fois par semaine.
Sur place, il retrouve une vingtaine d’habitués, des glaneurs de tous âges et de toute condition sociale, plutôt décomplexés, qui se permettent le luxe de choisir. « On ne prend que ce dont on a besoin. Et on échange avec les autres pour éviter de courir à l’autre bout du marché. Il faut agir vite avant que les éboueurs n’enlèvent tout. » Le jour de notre rencontre, ils avaient ramassé, en moins de trente minutes, une grosse pastèque, une dizaine de melons, des fraises, deux kilos d’abricots, plusieurs bottes de radis, des concombres, des courgettes et du pain ! « Nous les mangeons ou nous les transformons aussitôt pour mieux les conserver. Le principal bémol, c’est que ces fruits et légumes, issus de l’agriculture conventionnelle, sont bourrés de pesticides », déplore Cécile. Le jeune couple a déménagé cet automne dans une maison en Normandie et compte désormais vivre de son potager. Bio cette fois.
Dossier réalisé par Stéphane Perraud, paru dans la revue Village , en décembre 2013.
Illustration : Les Glaneuses, du peintre Jean-François Millet
Photos : Lucile Vilboux et Stéphane Perraud, de Village
Pour aller plus loin sur le glanage :
- Film : Les Glaneurs et la glaneuse, d’Agnès Varda (1999).
- Livres : Sauvagement bon, carnet d’un glaneur gourmand, par Nicolas Blanche (Tétras éditions), 14,90 euros. Pour glaner dans la nature, les éditions de Terran proposent une série d’ouvrages régionalisés : Glaner en Normandie, dans la région Centre, en Auvergne, dans les Pyrénées, sur les côtes de Bretagne, dans l’Est, dans le Midi, 20 euros.
  • La revue Village déniche des initiatives innovantes, ancrées localement, dans le respect de l’environnement humain et naturel, et transposables près de chez soi. Le magazine est réalisé par des journalistes ruraux présents dans les villages pour raconter des histoires vécues. Un excellent outil pour trouver sa place et s’épanouir à la campagne, mettre en œuvre son idée, choisir son activité, s’installer en cohérence avec les potentialités et les qualités du territoire, partager les expériences de ceux qui vivent à la campagne, découvrir des territoires qui bougent (bio, solidaires, natures, durables), retrouver des savoirs essentiels, économes, à portée de tous et les partager avec d’autres, concilier sa vie personnelle et professionnelle. Pour découvrir Village, c’est ici.
[2Découvrez son blog.

dimanche 24 novembre 2013

Les Rencontre de l'Ecologie...Diois et Val de Drôme ( J-58 )



      

En Drôme dans la Biovallée® du 18 janvier au 9 février 2014

A Die dans la Salle Polyvalente du 24 janvier au 03 février 2014

Les 12èmes Rencontres de l’Ecologie au Quotidien

«  Biodiversité, Cultivons la Vie»

« Les humains doivent se reconnaître dans leur humanité commune, en même temps que reconnaître leur diversité tant individuelle que culturelle. »
                                                                                         Edgar Morin

La biodiversité, c’est le passage du concept de l’homme et la nature à celui de l’homme dans la nature, voire l’homme est la nature.
C’est l’ensemble des êtres vivants avec leur diversité, y compris génétique, et leurs relations.
On peut dire que c’est le tissu vivant du phénomène que l’on appelle la vie.
Ce tissu inclut aussi l’être humain et les centaines de microbes qui vivent dans son tube digestif. L’homme et ce qui a fait sa civilisation, à savoir l’agriculture avec toutes ses variétés de plantes cultivées et d’animaux élevés, sont partie intégrante de la biodiversité.
La biodiversité est bien plus qu’un catalogue d’espèces, la vie est partout, elle interagit avec notre atmosphère, le climat, les paysages, ce que nous mangeons, le pétrole et le charbon que nous consommons.
Tout ceci repose sur le vivant et sa diversité.
Les fonctions de la biodiversité utiles aux activités humaines, comme l’épuration des eaux, la décomposition des déchets ou encore la pollinisation des cultures, commencent ainsi à être reconnues.
Les écosystèmes naturels contribuent à maintenir la vie humaine sur terre, purification de l'air et de l'eau, atténuation de la gravité des sécheresses et des inondations…La biodiversité constitue une ressource naturelle capitale : alimentation, médicaments…
Nous sommes, les humains, de plus en plus nombreux à être saisis par la crise écologique et en particulier par l’extinction des espèces. La dégringolade continue.  En milliers, plantes et animaux disparaissent
Après des dizaines d’années de palabres…
Nous sommes la biodiversité.

« Quand l’homme n’aura plus de place pour la nature, peut-être la nature n’aura t-elle plus de place pour l’homme. »
                                                                                  Stefan Edberg
Sauf indication contraire, les conférences, films et ateliers se déroulent à la Salle Polyvalente (Bd du Ballon)
ou dans des salles municipales ou privées  à Die-26
et dans ce cas, elles sont précisées).

« C'est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas »                                                     Victor Hugo

Dimanche 19 janvier     

*Livron sur Drôme –Salle Aragon, Mairie de Livron
17h30 Film/Débat : Welcome to Fukushima d’Alain de Halleux
Prolongation des réacteurs nucléaires français jusqu’à 50 ans : un projet inconscient et irresponsable!
FRAPNA-StopTricastin-SDN26/07-Ensemble Livron-CRIIRAD

Début des Rencontres de l’Ecologie au Quotidien
à la Salle Polyvalente de Die - Bd du Ballon

Buvette et Restauration Biologique et Locale sur place

Jeudi 23 Janvier (Cela arrive dans quelques jours...)

mardi 12 novembre 2013

Ramasser les feuilles mortes...



Des feuilles mortes pour protéger les jardins de "Biovallée  en Transition". Samedi après-midi, une dizaine de courageux a ramassé les feuilles mortes  dans la ville et aux abords des maisons. Avant d’en couvrir leur jardin partagé ou individuels.
C’est un mouvement qui ne fait pas beaucoup de bruit mais qui, petit à petit, fait son chemin dans les villes et dans les esprits. "Villes en transition" et son corollaire "Les Incroyables Comestibles" sont nés en Angleterre en 2006 de la nécessité de se préparer à l’après-pétrole sans faire de catastrophisme. En bref, réfléchir à des moyens de s’approvisionner (et pas que pour la nourriture) le plus près possible de chez soi et en intégrant la notion de partage. Pas une nouvelle lubie baba cool, mais un vrai mouvement de fond qui fait école dans le monde entier.
"Biovallée en Transition" est né après la diffusion du film "Villes en transition" diffusé aux Rencontres de l’Ecologie à Die en 2010 et à Crest en 2011 "On s’est dit: et pourquoi pas nous?, explique Hervé, moniteur de Parapente dans le civil et porte-parole de l’association. Et voilà. Nous sommes une dizaine de membres actifs et il y a une cinquantaine de membres sympathisants dans le collectif." Et les membres ont déjà commencé à se faire connaître via des partenariats comme le Printemps bio en début d’année (où tout est gratuit) ou encore "Les Incroyables Comestibles" de Die où des bacs sont installés sur la voie publique avec la bénédiction de la municipalité. On plante, on arrose et quand c’est poussé, on partage la récolte. Deux bourses aux plantes ont déjà eu lieu en mai 2012 et 2013 et  seront reconduites. À Die , trois bacs ont été installés,  sur des places publiques.. Un quatrième devrait arriver prochainement route de Chastel.
Des mères au foyer, des profs, des retraités, des jeunes sans emploi ...
Ce samedi, le but est donc de collecter des feuilles mortes dans le domaine communal. Si le temps n’est pas de la partie, peu importe, une dizaine de personnes sont là en cirés dégoulinants, chargeant la remorque de leur récolte. Des mères au foyer, des profs, des retraités, pas de profil type chez les ramasseurs de feuilles, mais beaucoup de bonne humeur. Le but est de protéger le jardins partagés ou individuels avec ces feuilles mortes. Un jardin cultivé de manière naturelle, sans engrais chimiques ni pesticides, selon la technique de la permaculture qui veut que l’on ne retourne pas la terre mais qu’au contraire, on laisse les petites bêtes faire leur boulot. Prochaine action prévue, la journée fabrication de bacs à légumes des "Incroyables Comestibles" au printemps prochain dans plusieurs point de laBiovallée. Un  espace de gratuité, géré par les Incroyables Comestibles du Diois,  est déjà programmé le samedi 24 janvier 2014 à Die, dans la salle polyvalente mise à disposition par la municipalité.
MCD

samedi 10 août 2013

Le WWoofing un moyen de se former...

Le wwoofing ou comment apprendre la vie des légumes pendant ses vacances

Le wwoofing, des vacances à la ferme bio, où coup de main pour déblayer donne droit au gîte et au couvert, a éclos en Angleterre dans les années 1970. En France, ce partage militant fleurit depuis quelques années…

«C’est du bénévolat pour une solution d’avenir», assure Laure. A 24 ans, cette jeune diplômée d’une école de commerce a passé une semaine à planter les choux, récolter les fraises et composer de beaux bouquets d’aromates dans la Ferme des Rufaux, une petite exploitation maraîchère 100% bio près de Rouen . Une façon originale de pratiquer l’écologie et de s’inventer «consommacteur». Et qui porte désormais un nom: le wwoofing , venu de l’acronyme WWOOF pour «Working Weekends on Organic Farms» (soit week-ends de travail dans des fermes bios) et qui essaime depuis l’Angleterre des années 1970. Aujourd’hui, le site WWOOF France revendique 950 hôtes.
Cinq heures de déblayage et cueillette par jour
A la tête avec son compagnon d’une petite ferme bio de 2,8 hectares depuis un an, Linda, une ancienne Parisienne, propose aux wwoofers de découvrir comment cultiver sans épuiser la nature. Pour les visiteurs, qui travaillent environ 5 heures (limite inscrite dans la charte du wwoofing), cette rencontre est l’occasion de s’aventurer sur des terres inconnues. «On découvre un métier parfois méprisé, explique Laure. Et on mesure leur vulnérabilité. Quand je suis arrivée, une de leurs serres avait été endommagée par un orage. Dès qu’il y a un éclat sur une fraise, c’est pour la confiture! Je trouve ça fou de découvrir à 24 ans comment et à quelle saison poussent les légumes, alors que j’ai passé mes étés à la campagne…», avoue Laure. Réapprendre à se servir de ses mains, observer de près les abeilles, goûter des légumes délicieux et méconnus, l’expérience a convaincu Laure, prête à rempiler. «J’ai été impressionnée par l’infini des possibles pour se concocter des plats à partir de betteraves – que je pensais détester- , de navets ou de fèves que je n’avais jamais goûtées…»
La transmission
Et le maître mot du wwoofing, au-delà du simple échange de bras contre nourriture et toit, reste la transmission. Un rôle que Linda prend à cœur. «Le wwoofing s’inscrit vraiment dans notre état d’esprit. Depuis le début, dans notre petite maison dans la prairie, on est en mode débrouille. Et puis c’est prenant comme métier, alors comme on n’a plus beaucoup de temps pour sortir, les gens viennent à nous. Et ça devient parfois des amis.»
Il arrive aussi que le courant ne passe pas. «On a reçu deux adolescents de 18 ans qui devaient nous aider pendant deux semaines pour avoir le droit de partir en vacances, se remémore Linda. Les gamins arrivent en mode punition. A la fin, l’un d’eux me dit "en fait le wwoofing, c’est de l’esclavage!" D’autres veulent bosser au même rythme que nous, c'est-à-dire de 9h à 20h… C’est sûr, il faut que les gens aient envie d’apprendre. Mais en général on reçoit des personnes qui se posent des questions sur l’écologie, sur l’agriculture.»
Un choix militant
Ce choix de vacances militantes étonne d’ailleurs certains, plus habitués à se faire rémunérer pour s’esquinter le dos pendant les vendanges. «C’est vraiment une expérience humaine, nuance Laure. On a aussi cuisiné, parlé de thèmes de société, joué avec les hôtes, rencontré leurs amis. Je ne me suis pas sentie exploitée. D’autant plus qu’ils ne se paient pas, ils ne sont pas du tout dans une logique pécuniaire... Mais c’est vrai que j’ai entendu parler de mauvaises expériences. Il faut garder un sentiment de liberté.»
Oihana Gabriel
 

mardi 23 avril 2013

6 ème Journée de la Terre et FestiZad à Aurel : L' art de coopérer pour préserver les terres fertiles...



Succès du Festizad et de la  Fête de la Terre à Aurel ce 20 avril 2013.
Ils étaient quelques 300-320 personnes surtout jeunes a s’être retrouvé à Aurel entre Saillans et Die pour un rassemblement festif et de travail autour de la préservation des terres agricoles. Les collectifs de soutien contre l’aéroport  de Notre Dames des Landes, Le collectif Ville-campagne drômois,  Agribiodrôme, la Confédération paysanne, La FRAPNA, Stop-OGM, Artisans Du Monde, La CEN, Ecologie au Quotidien, Association Dioise de préservation des terre agricoles, les Groupes Transition de Saillans, Biovallée et  Crest et Die (mlc), Radio Canut, plusieurs associations de la Drôme et  de l’Ardèche contre les gaz de schiste, Tête Bêche de l’Isère et Chambaran contre le Parc Center. Débat « au moment où le coût des transports augmente, où la pollution de l’air s’aggrave, et face à l'augmentation de la demande locale de produits alimentaires de qualité pour notre santé, pouvons-nous continuer à hypothéquer notre  avenir et celui de nos enfants en laissant des groupes industriels ou financiers stériliser des terres fertiles ? » pose Mathieu en
introduction.
André Duny explique : « Les dernières terres agricoles fertiles de Valence sont en danger : sur la route de Beaumont, après Briffaut, 40 hectares de terres nourricières sont toujours menacées par la construction d'une zone commerciale ». De retour de Notre Dames des Landes, un jeune expose : « Aujourd’hui Samedi 20 avril l’occupation militaire du carrefour de la Saulce prend fin, après une durée de 146 jours (pour une opération débutée il y a 185 jours). La ZAD, c’est pour les aménageurs la Zone d’Aménagement Différé ; pour nous une Zone À Défendre : un bout de campagne à quelques kilomètres de Nantes (Bretagne) qui devrait, pour les décideurs, laisser place à un aéroport international ». « Nos désirs, en venant habiter sur l’emplacement prévu de l’aéroport, sont multiples : habiter sur un territoire en lutte, ce qui permet d’être proches des personnes qui s’y opposent depuis 40 ans et de pouvoir agir en temps de travaux ; profiter d’espaces laissés à l’abandon pour apprendre à vivre ensemble, à cultiver la terre, à être plus autonomes vis à vis du système capitaliste ». « A deux pas de Lyon, dans une bulle de nature encore préservée, s’est construit la Butte de Décines ta Résistance avec yourtes, tipis, cabane et jardins... Les travaux du projet de stade OL Land avancent et aujourd’hui le vill’âge libre de Décines prend l’ampleur d’une ZAD » expose Guillaume.  Pour d’autres la construction de nouvelles lignes à grande vitesse est une idée absurde et dangereuse. Le TGV ne relie que certaines personnes et certaines « métropoles », au détriment des territoires traversés et des véritables besoins des gens, dans une fuite en avant aussi destructrice qu’insoutenable ». Cambaran sans Parc Center près plus de 2 années de combat juridique, l’association « bloque toujours ce projet monstrueux promettant de détruire de manière irréversible un biotope fragile gorgé de zones humides et d’espèces protégées ..» explique Mme Dez de la Frapna. Puis témoignaient Michel Terrail  (55 ans de
syndicalisme, Jeunes Agriculteurs,  Paysans-Travailleurs et Conf’26) et Claude Veyret (30 ans de syndicalisme Paysans-Travailleurs, FDSEA-Dissidente-Interpaysanne, FDSP et Conf’26) anciens agriculteurs sur les luttes foncières des années 1970-1990 et les expériences d’installation de jeunes paysans. De nombreux témoignages faisaient le point sur les permis bloqués d’extraction des gaz de schistes par fracturation  hydraulique, de jardinage citadin (incroyables comestibles lancé à Die le 2 juin)  et contre une Zone industrielle à Saint Julien-Saint Alban.
«Peut-on encore gaspiller des terres agricoles pour des projets inutiles comme le Lyon Turin qui va supprimer directement 800 hectares de terres agricoles ? Et près du double avec les mesures compensatoires zones humides ! Le transfert modal des marchandises de la route vers le rail est pour la sauvegarde de l'environnement d'une extrême urgence, mais le projet ferroviaire Lyon Turin ne  serait en mesure de réaliser cet objectif que dans 20 ans. Or avec les aménagements réalisés entre 2007 et 2010 sur la ligne historique existante, avec la mise au gabarit GB1 qui  permettent de mettre les camions sur les trains, la quasi totalité des 22 millions de tonnes marchandises qui traversent les Alpes du nord entre le tunnel du Mont Blanc, celui du du Fréjus et celles transportées par la ligne historique Dijon, Modane, Turin, pourraient circuler tout de suite sur la ligne historique actuelle.   Seule la volonté politique manque ! Avec  20 millions de tonnes de capacité, seules 3,5 millions de tonnes traversent  annuellement ce tunnel historique, dont on pourrait encore améliorer les capacités par la modernisation du matériel roulant. Dans la perspective de ce projet qui va coûter 30 milliards, le doublement de la ligne entre Saint André le Gaz et Chambéry est toujours en attente.... il y a pourtant une urgence de développer ces transports en commun ! Ces dix dernières années, sur la rocade de Chambéry, s'il passe journellement 1000 camions de moins, ce sont 10 000 voitures
supplémentaires qui empruntent quotidiennement cette VRU. Un film " Lyon Turin à tout prix" examine les  conditions qui ont prévalu à la naissance à la fin des années 80 du projet de ligne nouvelle entre Lyon et Turin avec un tunnel de base de 57 km. Pour informer et faire prendre conscience de l'inutilité de ce projet, il est urgent  de faire circuler cette information. Qu'en est-il en 2013, avant que la France et l'Italie ne se lancent définitivement dans la construction de ce projet qui détruira de nombreux espaces naturels et agricoles ? Ne vaudrait-il pas mieux continuer la modernisation avec du matériel roulant et réaménager les lignes ‘passager’ entre Lyon et Chambéry ? Concluait Marc.  Le cirque du Désastre et 3 concerts de musique clôturaient cette riche journée entrecoupée de repas bio végétariens avec produits locaux et d’ateliers sur les résistances non violentes en cours, films fabrique de masques, et quelques gouttes de pluie. Eolienne et toilette sèches assurées.
Idelon Albert pour MediasCitoyensDiois

vendredi 12 avril 2013

Contrer l' artificialisation des terres agricoles...

NOTRE-DAME-DES-LANDES (France) - Aéroport ND-des-Landes: les opposants vont cultiver les «terres libérées»

NOTRE-DAME-DES-LANDES (France) - Les opposants au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, toujours aussi déterminés à la veille de la remise du rapport de la commission de dialogue, ont annoncé lundi leur intention de ressemer les terres de la ZAD, zone du projet, dès samedi prochain.
La manifestation «Sème ta Zad!», du nom de la zone d'aménagement différé (ZAD) destinée au futur aéroport, a pour objectif de mettre en culture les «terres libérées par l'abandon de ce projet» (selon leurs termes), qui prévoit le transfert de l'aéroport de Nantes sur le site de Notre des Dames des Landes  en 2017, ont annoncé les opposants lors d'un point de presse organisé dans une ferme qu'ils occupent.
Samedi, deux cortèges sont attendus au nord et au sud de la zone en milieu de matinée. Ils doivent ensuite se rendre en différents endroits pour mettre en place, selon les lieux, des cultures potagères, céréalières ou encore des poulaillers.
Des reconstructions de cabanes sur les emplacements de fermes évacuées et rasées lors des massives opérations des forces de l'ordre de l'automne 2012 sont également prévues, ont indiqué les opposants.
Les participants sont appelés à venir avec leurs outils et, le cas échéant, leurs tracteurs par les organisateurs de la manifestation, des agriculteurs hostiles au projet et des «zadistes», occupants anticapitalistes de la zone.
Cette manifestation se déroulera quelques jours seulement après la remise mardi au gouvernement du rapport de la Commission de dialogue, dont les travaux ont été accompagnés d'une relative «trêve» de quatre mois cet hiver, après les violents affrontements de l'automne.
Une reprise des expulsions pourrait donc désormais avoir lieu. En prévision, les opposants, déterminés à occuper les lieux, ont renforcé en plusieurs points les barricades qui empêchent de pénétrer sur la ZAD, alors que les repérages d'hélicoptères de la gendarmerie au-dessus de la zone ont repris de plus belle, a constaté l'AFP.
«On sait qu'ils (les membres de la Commission de dialogue et le gouvernement, ndlr) vont réaffirmer la pertinence du projet d'aéroport, peut-être prôner une mise en avant rapide des travaux, peut-être vouloir relancer quelques études pour temporiser: dans tous les cas, demain, ce ne sera pas une bonne surprise pour nous», a déclaré sur place un opposant anticapitaliste de la ZAD, Benoît.
«On estime que ce serait une erreur pour eux sûrement monumentale de relancer ce printemps-ci des expulsions», a-t-il ajouté. Selon lui ,«nul ne sait s'il y aura reprise des expulsions et je pense qu'eux-mêmes ne le savent pas encore».
MCD